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PPAS 28 ter :
CONCERTATION PUBLIQUE DU 19 AVRIL 2007
INTERVENTION
D’OUVERTURE
1. L’actuel projet de PPAS 28 ter,
aujourd’hui à l’examen, nous est présenté
comme un projet-pilote. L’analyse que
nous avons pu en faire nous donne
l’impression qu’on est revenu de près
de 40 ans en arrière. Quelle est donc
la différence entre un projet-pilote et
celui-ci ? Le premier préserve
l’avenir, le second le condamne.
C’est précisément la question qui
nous rassemble en ce lieu. La majorité
sortante s’étant engagée à y
construire quelque 200 logements, a lancé
les études et les procédures nécessaires.
Elles ont abouti à un projet qui,
s’il était réalisé tel quel, détruirait
irrémédiablement un patrimoine naturel
et historique de grande valeur, véritable
bien commun, alors
que cela n’est ni nécessaire, ni inéluctable.
2. Quelques remarques et mises au point importantes
s’imposent ici :
2.1 Il est temps d’en finir une fois pour toutes avec un
mythe fabriqué de toutes pièces :
contrairement à la réputation désobligeante
qui leur a été faite et aux
accusations infondées qui ont été
formulées à leur endroit, les
habitants ne
sont pas « une bande d’égoïstes »
qui ne songent qu’à préserver
« leur » espace vert, sans
se soucier des autres. La preuve en
est qu’en avril 2006 ils ont publié
un Livre Blanc, résultat d’une véritable
réflexion collective et citoyenne, qui
présente un projet alternatif,
superbement ignoré par les autorités
communales. Ce projet alternatif propose la construction de logements de type
social, mais rejette la destruction
injustifiée et irréversible de près
des deux tiers des espaces verts et des
potagers actuels. Est-ce donc tellement
hérétique ?
2.2
Depuis
plus de trois ans, les habitants ont
demandé aux autorités communales
d’ouvrir un véritable dialogue, afin
d’aboutir à un projet concerté. En
vain. Faut-il dès lors s’étonner
qu’aujourd’hui le projet communal
soit rejeté par tant d’habitants, qui
ne s’y reconnaissent pas et ont été
systématiquement tenus à l’écart de
son élaboration ? Où reste la démocratie
participative, qui, comme en témoigne
la
Convention
d’Aarhus, a déjà acquis droit de cité
au niveau européen, et qui voudrait
qu’on associe au plus près les
citoyens aux décisions qui les
concernent ?
2.3
Il
est aussi grand temps de redonner à
l’expression « faire du social »
tout son sens. Depuis longtemps déjà,
cela ne se limite pas à réaliser des
constructions, mais consiste à partir
des hommes. Je cite ici un passage
significatif du Livre Blanc : « Un
urbanisme digne de ce nom est d’abord
un projet de vie : il s’inscrit
dans une vision globale qui prend en
compte le passé et le présent, tout en
laissant l’avenir ouvert. Respectant
les réalités sociales, le caractère
d’un site, d’un quartier ou d’une
ville, il ne saurait se réduire à la
simple construction de logements, mais
intégrera tous les éléments qui définissent
une certaine qualité de vie afin de la
préserver, sinon de l’améliorer. Il
évitera donc la destruction inutile
d’espaces verts, ainsi que la rupture
avec l’esprit d’un quartier et son
tissu social. ». Or,
le projet communal auquel nous sommes
confrontés aujourd’hui ne répond à
aucune de ces considérations. La conséquence
en sera que, tout en prévoyant quelque
200 logements pour de
jeunes ménages, il va
déboucher sur la création
d’un ghetto. Est-ce vraiment cela que
l’on souhaite ? Cela sera développé
tout à l’heure.
2.4 Ce que nous
n’arrivons pas à comprendre, mais
alors vraiment
pas, c’est que, de toutes les
variantes élaborées par le bureau d’étude
BOA, ce soit à la fois la moins
respectueuse des principes d’un
urbanisme moderne, la plus destructrice
en termes de perte d’espaces
verts…et vraisemblablement la plus coûteuse
qui a été retenue. Or, il existe une
autre option, l’option n° 2 qui,
selon le Rapport sur les incidences
environnementales, est la seule à répondre
à l’ensemble des critères utilisés,
et obtient la cotation la plus élevée
à cet égard. Un souci d’objectivité
élémentaire et de bonne gestion des
finances publiques -sans même parler
des attentes des habitants- aurait dû
conduire à une analyse approfondie de
cette variante. Au lieu de quoi, elle a
été purement et simplement écartée
au profit de celle que nous avons
aujourd’hui, sous les yeux. Il est à
tout le moins paradoxal de commander à
grands frais une étude destinée à éclairer
ses commanditaires sur les meilleurs
choix, puis d’éliminer sans même
l’examiner de manière approfondie la
variante qui aurait dû d’emblée
retenir l’intérêt en raison de ses
qualités évidentes. On nous rebat les
oreilles avec les concepts de démocratie
participative et de bonne gouvernance :
est-ce là tout ce qu’on peut nous
donner en exemple ?
3. Résumons-nous :
en ce début du XXIe siècle, la planète
est menacée par un réchauffement
climatique dû pour une large part à
l’activité humaine (notre
responsabilité à cet égard est directement
engagée, ici et maintenant).
Cette ville est le cœur de l’Europe,
qui s’est engagée à réduire ses émissions
de gaz à effet de serre de 20 à 30 %
d’ici 2020 et est en train d’élaborer
toute une législation pour lui
permettre de faire face à ses
engagements. Est-il concevable qu’à
notre époque, et dans ce contexte, on
fasse comme si de rien n’était,
qu’on adopte un projet qui va à
contre-courant de la tendance générale,
trahit une méconnaissance ou un mépris
consternants de la réalité et de
l’urgence des problèmes, privilégie
l’option la plus destructrice,
sacrifie sans
nécessité des espaces verts de
grande qualité, et ne
répond pas aux quatre objectifs annoncés
par la commune, à savoir
1) 200 logements dits à vocation sociale (mais qui
constitueront un ghetto de par leur
conception),
2) une intégration du projet dans le site et dans le
quartier (mais qui ne répond pas au
tissu social et urbanistique existant),
3) une préférence donnée aux méthodes d’éco-construction
(mais qui n’est absolument pas démontrée
et qui augmentera considérablement les
coûts, qu’on s’est bien gardé de
chiffrer),
4) une urbanisation aérée et verte, maintenant
partiellement les espaces verts et les
potagers (mais qui détruit allègrement
près des deux tiers d’entre eux, tout
en conservant une carrière polluée et
dangereuse)
? Où
est le sens des responsabilités de ceux
qui nous gouvernent ?
Plus grave, ce projet fait l’impasse sur un aspect
fondamental : la qualité du tissu
social qu’il devrait favoriser. Comme
la dimension humaine en est totalement
absente, il apparaît comme un projet
sans finalité véritable, donc vide de
sens.
Voilà les raisons fondamentales pour lesquelles nous ne
pouvons accepter un tel projet. En conséquence,
nous demandons qu’il soit profondément
repensé, en concertation avec les
habitants, et conformément aux
engagements exprimés par M. Armand de
Decker lors de sa campagne électorale.
Qu’on cesse par conséquent de nous
accuser de myopie et d’égoïsme :
nous voulons construire notre avenir
collectif, et pas le subir. Je vous
remercie de votre attention.
[
Plan
sur la situation existante de fait
]
source
: BOA - 20.04.2006
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