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Quel avenir pour Avijl ?
Réponses des politiques
Les
questionnaires ont été
envoyés le 08 mai 2004
et les
réponses publiées le 25 mai
2004
Rappelons que le plateau Avijl,
situé dans le quartier de
Saint-Job, est un site champêtre
de près de 9 hectares, ouvert au
public ; il est essentiellement
constitué de prairies, d’espaces
verts à caractère sauvage et de
jardins potagers. Ces jardins
sont exploités par des familles
d'origine sociale diverse et
sont également utilisés à des
fins éducatives par des écoles
voisines. |
Ce site est propriété communale. Le PRAS
(plan régional d’affectation du sol)
actuellement en vigueur le classe en
zone d’habitation. Les autorités
communales uccloises ont décidé d’y
construire 200 logements, dont des
logements à caractère social pour la
moitié, en vue de répondre aux besoins
en la matière. En dépit de leur volonté
affichée de réduire dans la mesure du
possible l’impact de ces constructions
sur l’environnement, ce projet
aboutirait inévitablement à la
dénaturation du site et à la destruction
du tissu social existant. Devant cette
menace, les habitants du quartier se
sont regroupés au sein de l’association
« Protection et avenir d'Avijl »,
dont le but est la sauvegarde du plateau
Avijl, dans ses dimensions écologique et
sociale. Un projet alternatif est en
cours d’élaboration.
A la veille des élections régionales,
nous avons estimé que le moment était
venu de connaître l’approche d’un
certain nombre de candidats sur cette
question, et plus largement de savoir
comment ils entendent répondre à deux
défis majeurs : la préservation de
l’environnement et notamment du maillage
vert régional et les besoins en
logements et notamment en logements à
prix modérés. Nous avons donc adressé le
9 mai un questionnaire à
21 candidats
de divers partis, en leur
demandant de nous répondre pour le 20
mai. Nous tenons à remercier ceux
d’entre eux qui ont pris le temps de
nous répondre et de nous exposer leurs
idées en la matière. Nous publions
ci-dessous une synthèse des réponses
reçues, classées par famille politique.
1. Estimez-vous que le plateau Avijl
constitue un élément important du
maillage vert de la Région, et mérite à
ce titre d’être préservé ?
·
cdH
B. Cerexhe
(député régional, chef de groupe cdH) :
oui ; il faut préserver son caractère
rural.
·
cdH-Indépendants
C. Cattoir
(conseiller communal à Uccle) : oui.
M. Cohen
(conseiller communal à Uccle) : oui ; il
faut le préserver par un classement.
S. de Lobkowicz
(député régional, conseiller communal à
Uccle) : oui ; c’est un élément
essentiel.
·
ECOLO
P. de Heusch
(conseiller communal à Uccle) : le
plateau n’a pas une importance
déterminante pour le maillage vert
ucclois ; son importance est plus
sociale et paysagère qu’écologique.
E. Huytebroeck
(secrétaire fédérale d’ECOLO) : même
réponse.
·
MR
M. Cools
(député régional ; échevin à Uccle) : il
faut préserver une moitié du plateau en
espace vert d’un seul tenant, en
maintenant de nombreux potagers, et
affecter l’autre moitié à du logement
social et moyen.
W. Draps (secrétaire
d’État régional, ministre membre de la
commission communautaire française de la
Région) : oui ; toute urbanisation doit
respecter notre patrimoine naturel. B.
Fraiteur
(député régional, conseiller communal à
Uccle) : oui ; c’est un élément
important du maillage vert de la Région,
lieu d’un tissu social important par
l’existence des potagers. Les
aménagements éventuels doivent respecter
les lieux.
·
MR-FDF
D. Gosuin
(ministre régional de
l’environnement; bourgmestre
d’Auderghem) : oui ; c’est un élément
important du maillage vert de la Région.
Cela ne signifie pas qu’aucune
construction ne peut y être réalisée,
mais il faut y maintenir des espaces
verts significatifs.
O. Maingain
(président du FDF, député fédéral) :
oui, au même titre que le Kauwberg et le
plateau Engeland.
F. Roelants du Vivier
(sénateur) : mérite d’être partiellement
préservé.
B. Schoonbroodt
(échevin à Berchem-Ste-Agathe ) : oui,
car il faut défendre le patrimoine
naturel et architectural de notre
Région.
·
PS
F. Dupuis
(ministre de l’enseignement supérieur de
la Communauté Wallonie-Bruxelles ;
conseiller communal à Uccle) : non ;
Uccle est riche en espaces verts et
manque par ailleurs de logements
sociaux.
C. Picqué
(ministre d’État ; député fédéral ;
bourgmestre de St-Gilles) : n’exprime
pas d’avis.
2.
Estimez-vous que le besoin de
logements sociaux dans la Région
justifie la destruction d’espaces verts
du plateau Avijl pour y construire de
tels logements ?
·
cdH
B. Cerexhe :
non ; bien que la situation du logement
constitue un problème majeur pour la
Région, la construction de logements –et
de logements sociaux en particulier- ne
doit pas se faire au détriment de sites
naturels remarquables tels que
le plateau Avijl.
·
CdH-Indépendants
C. Cattoir :
non.
M. Cohen :
non, ce serait une hérésie.
S. de Lobkowicz :
non, en aucun cas.
·
ECOLO
P. de Heusch :
oui, au nom de valeurs de solidarité et
de responsabilité ; mais il faut
maintenir un certain nombre de jardins
potagers et deux zones de grand intérêt
biologique (partie boisée au nord et
ancienne décharge au sud), et aménager
des jardins dans les zones urbanisées.
E. Huytebroeck :
même réponse.
·
MR
M. Cools :
oui ; les besoins en logements à Uccle
justifient une urbanisation partielle,
en respectant une mixité sociale.
W. Draps :
ce n’est pas une priorité ; il faudrait
en premier lieu affecter les moyens
financiers publics à une profonde
rénovation du parc actuel de logements
sociaux, dont 2000 sont actuellement
inoccupés en Région bruxelloise.
B. Fraiteur :
il faut préserver la partie supérieure
du plateau et pratiquer par ailleurs une
politique active de rénovation des
quartiers existants.
·
MR-FDF
D. Gosuin :
bien qu’on ne puisse exclure à terme une
urbanisation partielle, ce n’est pas une
priorité : en effet, environ 2500
logements, soit plus de 10% du parc de
logements sociaux de la Région, sont
inoccupés. Leur réhabilitation est une
priorité absolue.
O. Maingain :
pas nécessairement.
F. Roelants du Vivier :
oui.
B. Schoonbroodt :
non.
·
PS
F. Dupuis :
oui ; il est socialement nécessaire d’y
construire du logement social de gabarit
modeste.
C. Picqué :
n’exprime pas d’avis.
3.
Estimez-vous qu’il importe de
sauvegarder les jardins potagers du
plateau Avijl, de manière à préserver et
développer leur rôle social et
pédagogique ?
·
cdH
B. Cerexhe :
oui ; la préservation de l’équilibre
naturel du plateau, de sa fonction
pédagogique et le développement du tissu
social qu’il permet doivent aller de
pair.
·
CDH-Indépendants
C. Cattoir :
oui.
M. Cohen :
évidemment oui.
S. de Lobkowicz :
oui à la sauvegarde des jardins
potagers, mais pas particulièrement au
développement de leur rôle social et
pédagogique.
·
ECOLO
P. de
Heusch :
non ; il faut cependant en préserver
une partie.
E. Huytebroeck :
même réponse.
·
MR
M. Cools :
il importe de préserver le maximum de
jardins potagers vu leur rôle social et
pédagogique et leur contribution au
paysage.
W. Draps :
oui.
B. Fraiteur :
oui ; il est important de sauvegarder
les jardins potagers, qui doivent garder
un rôle d’ouverture pour les écoles
avoisinantes et l’ensemble des habitants
de la Région. Le plateau est en effet
libre de toute pollution.
·
MR-FDF
D. Gosuin :
oui ; les jardins potagers font partie
de la mémoire du plateau. Ils
participent aux liens sociaux et à la
convivialité du quartier. Les supprimer
serait donc une erreur.
O. Maingain :
oui, car ces jardins potagers peuvent
effectivement jouer un rôle social et
pédagogique.
F. Roelants du Vivier :
non ; il faut cependant en préserver une
partie.
B. Schoonbroodt :
oui.
·
PS
F. Dupuis :
n’exprime pas d’avis.
C. Picqué :
n’exprime pas d’avis.
4.
Estimez-vous qu’il conviendrait
d’imposer l’inclusion d’une proportion
minimale (à définir) de logements à
caractère social dans tout nouveau
programme privé de constructions de
logements dont l’importance dépasse un
certain seuil (à définir, par exemple 1
000 m2), afin de répondre aux
besoins en la matière ?
·
cdH
B. Cerexhe :
non ; afin de favoriser la mixité
sociale, il serait préférable d’inclure
une proportion minimale de logements
(sociaux ou non) lors de la construction
de grands ensembles de bureaux.
·
CdH-Indépendants
C. Cattoir :
non, cela serait abusif.
M. Cohen :
non ; cela augmenterait artificiellement
le prix des logements autres que les
logements sociaux ou à prix déterminé.
S. de Lobkowicz :
non.
·
ECOLO
P. de Heusch :
non, ce serait une atteinte au droit de
propriété. La loi permet de l’imposer
lors de la construction de bureaux. On
pourrait également l’envisager dans des
projets de logements à haute rentabilité
financière et à forte incidence
environnementale.
E. Huytebroeck :
non, ce principe est difficilement
acceptable. La loi permet de l’imposer
lors de la construction de bureaux. On
pourrait également le négocier au cas
par cas dans des projets de logements à
haute rentabilité financière et à forte
incidence environnementale.
·
MR
M. Cools :
non ; cela augmenterait le coût de
l’accès au logement à Bruxelles. La loi
permet d’imposer la construction de
logements –à titre de charges
d’urbanisme- lors de la construction de
grands ensembles de bureaux.
W. Draps :
la mixité sociale est essentielle, mais
rendre cette mesure obligatoire paraît
trop dogmatique.
B. Fraiteur :
cette idée est à creuser ; à Paris,
c’est un projet de la municipalité.
·
MR-FDF
D. Gosuin :
pas systématiquement, mais cela se fait
dans le cadre des gros projets de
bureaux.
O.
Maingain : c’est certainement une
des pistes à explorer dans l’élaboration
d’une politique du logement plus
imaginative et plus dynamique.
F. Roelants du Vivier :
n’exprime pas d’avis.
B. Schoonbroodt :
oui, c’est une bonne idée.
·
PS
F. Dupuis :
il s’agit d’une idée intéressante, mais
à terme en raison des lenteurs du
processus législatif.
C. Picqué :
n’exprime pas d’avis.
5.
Estimez-vous que les pouvoirs
publics devraient mener en priorité une
politique active de rénovation d’îlots
et immeubles à l’abandon –pouvant aller
jusqu’à leur réquisition- tant pour
éviter la formation de chancres urbains
que pour créer du logement à caractère
social ?
·
cdH
B. Cerexhe :
oui au principe, mais son application
s’avère difficile. Une alternative
pourrait être la vente forcée
d’immeubles à l’abandon.
·
cdH-Indépendants
C. Cattoir :
oui, en tout cas rénover en priorité les
îlots et immeubles à l’abandon.
M. Cohen :
oui. Trois propositions : 1.
Propriétaire peu scrupuleux d’immeuble
abandonné : réquisition. 2. Propriétaire
de bonne foi d’immeuble abandonné :
contrat de rénovation. 3. Terrains
publics : cession à bas prix à des
promoteurs privés, avec obligation de
vendre à un prix déterminé.
S. de Lobkowicz :
oui, c’est la priorité.
·
ECOLO
P. de Heusch :
oui à une politique active de
rénovation. La loi permettant la
réquisition d’immeubles à l’abandon est
restée lettre morte, mais la procédure
d’expropriation peut s’avérer efficace.
Par ailleurs, le « droit de gestion
sociale » permet aux pouvoirs publics de
se substituer temporairement au
propriétaire défaillant.
E. Huytebroeck :
même réponse.
·
MR
M. Cools :
la rénovation des îlots et immeubles à
l’abandon –y compris ceux
appartenant aux pouvoirs publics-
doit être une priorité, sans oublier le
recours à l’expropriation d’immeubles
insalubres.
W. Draps :
oui, bien sûr.
B. Fraiteur :
oui ; c’est le rôle primordial des
pouvoirs publics.
·
MR-FDF
D. Gosuin :
la mise en œuvre de cette politique
s‘avère très difficile en raison des
obstacles juridiques et financiers. Il
est actuellement préférable de
privilégier le rachat par les pouvoirs
publics de biens abandonnés, ou la
réhabilitation de sites désaffectés en
partenariat avec le privé en y prévoyant
une proportion de logements.
O. Maingain :
cela semble évident et figure d’ailleurs
dans le programme du FDF.
F. Roelants du Vivier :
n’exprime pas d’avis.
B. Schoonbroodt :
oui.
·
PS
F. Dupuis :
oui. Instaurer une mixité sociale dans
l’habitat est un objectif important.
C. Picqué :
il faut construire de nouveaux logements
sociaux et moyens via le partenariat
public-privé, rénover le parc de
logements publics et privés existants,
pratiquer une politique volontariste en
matière d’immeubles inoccupés et mettre
en œuvre le droit de gestion publique.
Au 1er juin, nous n’avions
pas reçu de réponse de E. André, J.
Dedecker-Rousseaux, F. Delpérée,
M. Payfa, Y. Pesztat, J. Simonet.
Quels enseignements peut-on tirer de
cette enquête ?
·
Alors que certains mandataires
considèrent toujours qu’il est
impossible de concilier préoccupations
environnementales d’une part,
économiques et sociales d’autre part,
d’autres reconnaissent le rôle social
primordial joué par les espaces verts de
la cité.
·
Il existe des solutions alternatives qui
permettent de répondre à la fois aux
besoins de la Région en matière de
logements et aux aspirations des
habitants en matière de qualité de vie.
Ces solutions n’ont rien d’utopique :
leur mise en œuvre est avant tout une
question de volonté politique.
·
Cette enquête nous conforte donc dans
l’action citoyenne que nous menons pour
élaborer un projet qui prenne en compte
l’ensemble des préoccupations des
habitants, y compris les plus
fondamentales pour leur qualité de vie.
Avijl veut demeurer le cœur d’un
quartier ouvert à tous sans aucun esprit
frileux. Penser la cité d’une manière
globale, en préservant son patrimoine
naturel, architectural et social,
permettra de réconcilier le citoyen avec
une ville plus humaine, disposant
d’espaces de qualité pour la vivre
ensemble.
Le Bureau de l’Association
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