P l a t e a u   A v i j l

 
 


HISTORIQUE

L' histoire mouvementée du château de St. Job a été racontée et commentée par Jacques Dubreucq dans son Uccle. Le château de St. Job était un édifice classique ou, mieux, une "campagne "du début du XVIIIe siècle, communément appelée "la maison de Wanzyn". Qui était ce Wanzyn et quand y aurait-il habité?
C'est peu clair, mais une rue porte aujourd'hui ce nom à l'emplacement du " château ". L'avenue Dolez, la chaussée de St. Job et la Vieille rue du Vieux Moulin (où se trouvait l'entrée principale) délimitaient la propriété avant son lotissement.

© photo: Patrice Deramaix

Au début du XVIIIe siècle, Joseph de Moncheaux,
seigneur de Hannetz, en était propriétaire. Après lui on ne sait rien, jusqu'au début du XIXe siècle, lorsque Jacques Claessens, un rentier, y
possédait un bien de 10 ha, dont faisaient partie plusieurs jardins, des terres, des maisons et un vaste étang situé en contrebas de sa demeure (2).
 
Il serait fastidieux d'énumérer tous les propriétaires qui succédèrent à Claessens ; au début du siècle, le château avait été transformé en un agréable établissement ouvert au public en quête d'escapades champêtres. 
Il existe du reste plusieurs vues de cette "guinguette" ; sur l'une d'elles apparaîtrait, selon J. Dubreucq - spécialiste de la petite histoire ! - la belle-mère du peintre  Paul Delvaux.

En 1908, le domaine fut acquis par des religieuses françaises, qui remplacèrent la grille d'enceinte de la propriété par un haut mur. 

Le château devint leur couvent, tandis que les dépendances furent aménagées en asile pour nécessiteux, imprimerie, buanderie et maison de retraite pour vieux soldats blessés lors de la bataille de Sedan.

En 1913, le domaine, d'un peu plus de 8,5 ha, fut vendu à quatre membres de la famille d'Arenberg (3). Deux d'entre eux avaient des liens avec Uccle : Eléonore Ursule Joséphine et sa fille Marie Ludmille Rose Sophie d'Arenberg avaient en effet habité le château de la Montagne. Les Arenberg y restèrent peu de temps, car les biens furent placés sous séquestre de 1918 à 1940.

Par ailleurs, aucun membre de la famille d'Arenberg n'a jamais été enregistré à Uccle à cette adresse.
Dans l'entre-deux guerres, le château hébergea des familles nécessiteuses. 
 A cette époque, la propriété était aussi fréquentée par les nudistes ! "Parfois - écrit Dubreucq - des " observateurs" munis de fortes jumelles et postés dans les greniers de l'avenue Dolez allaient après coup porter plainte pour attentat à la pudeur ".

 

© photo: Benoît Malice

A la fin des années 30, le château était en ruine, le domaine à l'abandon. Les allemands l'utilisèrent encore comme dépôt de munitions. Peu après la guerre, la propriété fut vendue par Marie Ludmille Rose Sophie d'Arenberg à l'ingénieur Edouard Roulez, qui la lotit aussitôt (4). Le château fut rasé, l'étang asséché.

Extrait de "Les châteaux d'Uccle", par F. Varendonck et  C. Temmerman, édition du cercle -1986

 
 

Plateau Avijl " Ne donnez pas à vos enfants des briques et des pavés à manger mais de la lumière, de la fraîcheur issues de vos potagers ".  

© photo: Michel Fautsch

Avijl viendrait d'un mot ancien désignant la bergerie. 
La dénomination de cet endroit, déjà mentionné en 1447, pourrait avoir pour origine les noms latins ovile (bergerie) ou nova villa ( nouvelle ferme) (Meurice) ".  

Cette signification soulève déjà une ambiance de champs et de pastorales. Situé sur une hauteur d'où il domine la contrée, il est un endroit privilégié aux abords de l'urbanisation. La chaussée de St. Job draine un trafic urbain intense qui se centralise à la place St. Job. Le cœur du village, bat intensément au pied de ce géant en robe verte émaillée des couleurs et des chants d'oiseaux. Un chemin court vers ces hauteurs bordées de quelques maisons attachées solidement à son flanc tandis que la petite rue qui grimpe prend des allures fières d'un chemin de " Montagne ".

Soit que vous longiez la Vieille rue du Moulin, soit que vous descendiez des hauteurs du Plateau du Kauwberg, votre regard butte contre le mur de cette forteresse verte. En 1917, en pleine guerre, l'école communale a été inaugurée, construite selon la conception grandiose de l'architecte Henri Jacob. Surplombant la vallée, elle s'égrène comme rire d'enfants entre ciel et terre.

Vous pénétrez dans les petits chemins et vos pas découvrent la campagne dans la ville, la vie d'antan du paysan, façonnée par les mains de la terre, oignons, ail en fleurs, poireaux, fraisiers, choux, courgettes, potirons, princesses... roses en fleurs, groseilles, framboises et les ronces. Tout cela, ami lecteur, c'est bien le chant de ton enfance. 

Source : le Canard Déchaîné du Kauwberg, n° 48  Eté-Automne 2003
 

© photo: Michel Fautsch

 

Renouée du Japon . . . à Avijl

La renouée ou Fallopia japonica nous est arrivée d’Asie, plus particulièrement de Chine, de Taiwan, et du Japon où elle est la première à coloniser les sols pauvres et brûlés par les éruptions volcaniques.

La colonisation de cette plante fut volontaire en Europe, car l’exotisme de la renouée avait conquis de nombreux botanistes et jardiniers de l'époque. Introduite comme plante d’ornement au début du 19ème, elle développera ensuite son extension particulièrement en Angleterre (comté de Cornwall) et en France, et un contrôle de sa progression, ou plutôt de son invasion, est devenue aujourd’hui indispensable. Sa présence en Belgique n’est pas datée mais elle prolifère aussi sur le plateau d'Avijl principalement sur l’ancienne décharge communale où furent entreposés notamment des déchets " vert ".

La renouée est une plante vivace, dont les tiges et les feuilles meurent chaque année dès les premières gelées. Les rhizomes et racines passent l’hiver, à l’abri, sous terre. Dès les premiers rayons du soleil, au début du printemps, les rhizomes bourgeonnent, se développent et donnent naissance à de nouvelles tiges segmentées, qui peuvent atteindre trois mètres de hauteur dès le mois de juin et deux à quatre centimètres d’épaisseur.

Ces tiges de couleur verte, piquetées de petites taches rougeâtres, sont creuses et cassantes. Chaque segment de la tige principale développe d’autres tiges fines qui portent des feuilles vertes de forme ovale. 

Comment limiter l’envahisseur ?
Sa reproduction ne se fait pas par fécondation du pistil par le pollen ni par la production de graines. La renouée utilise des méthodes plus rapides. La première est celle du bouturage naturel de fragments de ses tiges, qui racinent très facilement. La seconde est l’expansion par ses rhizomes de plus de vingt mètres de long, qui résistent au gel, au fauchage, au feu et à la pollution.

Ces derniers ont aussi la faculté de bourgeonner et donc de donner de nouvelles tiges à pousse rapide qui colonisent, chaque année, un peu plus les berges et terrains. Le système radiculaire de la plante ne stabilise pas le sol, un fragment de rhizome peut ainsi être emporté à la faveur d’une crue et développer une nouvelle plante.

La renouée n’a aucun concurrent naturel. Aucun végétal autochtone n’est capable de rivaliser avec sa vitesse d’extension, aucun insecte consommateur de la plante n’est connu à ce jour, seule la présence d’un sol calcaire semble éviter la prolifération de la renouée. Un hectare de renouée produit de six à treize tonnes de matière sèche pour sa partie aérienne, quant aux rhizomes, on en compte seize tonnes pour la même surface.

Comment lutter ?
Sa prolifération condamne la végétation autochtone. Elle fait d’abord disparaître les autres plantes herbacées, viennent ensuite les jeunes arbustes, qui meurent par manque de lumière.

De plus, elle sécrète des substances qui attaquent et font mourir les racines des grands arbres. A long et moyen terme c’est toute la flore mais aussi la faune qui y vie ou y trouve refuge qui sont menacées. Plus que le fauchage régulier, c’est la remise en état de l’ancienne décharge communale qui devrait être mis en place.

Plusieurs expériences de lutte contre la renouée, sont en cours, l’un par l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement (IBGE) et l’autre sur deux affluents du Tarn (France). Dans le second cas, depuis 1997, sur deux affluents du Tarn, la réimplantation d’une ripisylve [1] (arbres, arbustes et herbacés) sur des massifs de renouées, préalablement fauchées et évacuées, accompagnée d’un entretien régulier, limitant la concurrence avec la renouée, donne des résultats encourageants pour l’avenir.

Agissez pour prévenir la prolifération de la renouée japonaise !
Deux arrachages annuels paraissent être la plus efficace, le premier s’effectue autour de la mi-juin, juste avant le pic de végétation. Le second quand à lui s’effectue au début du mois d’octobre, lors de la repousse.
 
Évitez de transplanter la renouée japonaise dans votre jardin.
Si la renouée japonaise est déjà présente dans votre jardin, effectué des coupes répétées, au ras du sol, qui peuvent limiter la croissance de la renouée mais risquent de propager la plante en multipliant les fragments.
Si vous tentez de vous en débarrasser en l'arrachant,assurez-vous de prélever l'ensemble des plants (tiges, inflorescences, rhizomes).
Ne les jetez pas dans la nature, ni dans une zone boisée.
Après arrachage, laissez les plantes sur place, en tas compacts, utilisez le séchage ou le feu,
ce qui évite la dispersion par auto bouturage. Cette méthode stabilisera les gros peuplements et fera disparaître les peuplements à faible vitalité.
Évitez de composter ces plantes.
Vérifiez et nettoyez votre tondeuse après être intervenu dans un secteur infesté.

Protégez l'environnement, car ces plantes s'installent souvent dans des milieux altérés par les activités humaines (remblayage, creusage, enrichissement en nutriments, etc.).

  
 [1]  Le terme "ripisylve" vient du latin "Ripa" qui signifie rive et de "Sylva" qui signifie forêt (à l'origine des mots sylvestre, sylviculteur, sylve). Une ripisyde peut être un simple liséré limité en pied de berge (boisement de berges) ou une véritable forêt (forêt alluviale).

 
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