Didier GOSUIN   Ministre régional de l'environnement - Bourgmestre d'Auderghem

Questionnaire de l'Association envoyé le 08 mai 2004 et réponse publiée le 25 mai 2004

Messieurs André DUBOIS
G. COPINSCHI
St. DAVIDTS
B. MALICE
Vieille rue du Moulin  25

1180   BRUXELLES

                                                                                                                            Nos REF : ENV/RT-ad-0934.04
                                                                                                                            Personne de contact : M.R.Tondeur

CONCERNE :                           Plateau Avijl

Messieurs,

J’accuse bonne réception de votre courrier en date du 8 mai 2004 relatif à l’objet repris sous rubrique.

Avant tout, j’aimerais préciser certains éléments plus généraux qui vous permettront, peut-être, de mieux interpréter mes réponses concernant la situation particulière du plateau AVIJL qui vous préoccupe.

Tout d’abord, il me semble utile de rappeler que je suis l’initiateur du plan de maillage vert de la Région bruxelloise et que grâce au travail de qualité fourni par mon administration (l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l'Environnement), j’ai pu imposer ce concept dans les textes légaux importants relatifs à l’urbanisme de cette Région (PRAS, PRD, etc…..)

Je ne peux donc que me réjouir que vous évoquiez le maillage vert qui semble bien (et de plus en plus) devenir un outil intéressant, répondant à l’attente des citoyens qui souhaitent que les espaces verts ne soient plus considérés systématiquement comme le « parent pauvre » des projets immobiliers.

Il n’en demeure pas moins qu’en certains endroits, ce maillage vert doit coexister avec d’autres affectations du sol (comme le logement) et que dans ce cas, il s’agira de trouver le meilleur équilibre entre ces deux priorités régionales.  La meilleure preuve que le logement n’est pas incompatible avec les espaces identifiés dans le maillage vert est qu‘il existe d’importants projets qui intègrent l’un et l’autre : le parc de l’ancienne caserne Dailly, le futur espace vert et la coulée verte de Tours et Taxi, le parc à côté de la cité de logements social Lambin.
 

                                                                                                                                             …/…
 

Je vous transmets, ci-dessous, réponse aux cinq questions que vous avez posées :

1.       Estimez-vous que le plateau Avijl constitue un élément important du maillage vert de la Région, et mérite à ce titre d’être préservé ?

Oui, le plateau Avijl est un élément du maillage vert dont le tracé est repris sur la carte du PRD.  Il s’agit en l’occurrence d’un « site relais » du maillage.  Ce qui devrait impliquer, à mon sens, que le projet d’urbanisation ne se contente pas d’y maintenir un simple « couloir vert » de passage mais qu’une attention particulière soit portée au maintien d’une verdurisation significative du site.
A contrario, cela ne signifie évidemment pas qu’aucune construction ne peut être réalisée.  Rappelons qu’il s’agit d’une zone de logement au PRAS.

2.     Estimez-vous que le besoin de logements sociaux dans la Région justifie la destruction d’espaces verts du plateau Avijl pour y construire de tels logements ?

Compte tenu de l’affectation urbanistique du plateau Avijl (logement), il paraît difficile d’y refuser à terme tout projet et en particulier un projet de logements sociaux eu égard aux besoins extrêmement important que connaît la Région dans ce domaine.
Il n’en demeure pas moins que je ne considère personnellement pas l’urbanisation du plateau Avijl comme prioritaire eu égard à la situation globale que connaît le logement social à Bruxelles.  En effet, plus de 10% du parc de logements sociaux existant est actuellement vide !  J’estime donc que « la priorité des priorités » pour la Région est de réhabiliter et d’occuper les logements sociaux inoccupés (plus ou moins 2.500) avant de lancer des projets nouveaux.

3.   Estimez-vous qu’il importe de sauvegarder les jardins potagers du plateau Avijl, de manière à préserver et développer leur rôle social et pédagogique ?

Les jardins potagers font partie de la mémoire du plateau.  Comme partout où ils existent à Bruxelles, ils participent aux liens sociaux et à la convivialité d’un quartier.  Les supprimer serait donc à mon sens une erreur.

4.     Estimez-vous qu’il conviendrait d’imposer l’inclusion d’une proportion minimale (à définir) de logements dont l’importance dépasse un certain seuil (à définir, par exemple 1 000m2 ), afin de répondre aux besoins en la matière ?

Le tissu urbain bruxellois est fort complexe et il existe de nombreux cas particuliers.  Il n’est donc pas souhaitable de rendre cette obligation systématique.  Néanmoins, les autorités publiques usent très souvent de cette technique pour imposer via les charges d’urbanismes la construction de logements dans le cadre des gros projets immobiliers. 

5.     Estimez-vous que les pouvoirs publics devraient mener en priorité une politique active de rénovation d’îlots et immeubles à l’abandon – pouvant aller jusqu’à leur réquisition – tant pour éviter la formation de chancres urbains que pour créer du logement à caractère social ?

L’idée n’est pas neuve.  Elle est malheureusement extrêmement complexe à mettre en œuvre telle quelle tant les obstacles juridiques et financiers s’avèrent importants.  En témoigne la rareté extrême des cas d’application du droit de réquisition alors qu’il existe depuis de nombreuses années.
Sans être opposé à ce principe, je préfère privilégier à l’heure actuelle des solutions plus simples, rapides et moins coûteuses telles que le rachat de biens abandonnés ou en voie de « taudification » via les régies foncières communales ou encore la réhabilitation de sites désaffectés en partenariat avec le privé en y prévoyant une proportion de logement maximum.
Depuis plusieurs années, j’expérimente ce type de technique avec un certain succès dans ma commune d’Auderghem.  Le projet du site ex Interbrew en est un exemple.  Le rachat de maisons abandonnées de la V.U.B. en est un autre.

Si ce type d’initiative peut participer efficacement à la mise à disposition de logements sociaux en Région bruxelloise, il ne sera certainement pas suffisant pour combler le déficit énorme existant dans ce domaine.

Dans l’espoir de vous avoir été d’une quelconque utilité dans ce dossier, je vous prie de croire, Messieurs, à l’assurance de ma considération distinguée.

        Didier Gosuin,
        Ministre