P l a t e a u   A v i j l

 

   Pierre-Paul Partage   citoyen ucclois en faveur de la sauvegarde intégrale du plateau Avijl

Ami promeneur 
Ce lieu que tu traverses est un espace vert exceptionnel comme il n’en existe plus à Bruxelles

Le plateau Avijl n’est rien de moins qu’un authentique morceau de campagne préservé dans la ville et constitué d’un ensemble harmonieux de jardins potagers, de prairies et de zones arborées. Il y a même un talus en bordure de chaussée comme un signal de campagne avoisinante ! Oui il est bien question de patrimoine vert : un biotope unique où l’homme, citadin égaré ou jardinier de fortune peut retrouver un contact privilégié avec la nature. Tu trouveras ici bien des trésors de croissance plus essentiels et plus porteurs que de vaines promesses économiques ou financières.

Cet espace appartient de droit à la commune d’Uccle et les autorités souhaitent y implanter un complexe de 200 logements. Créer des logements sociaux est la raison mise en avant pour sacrifier l’endroit qu’à l’instant tu respires. Si c’est une noble cause que de loger des familles, soulignons que ce gâchis écologique n’en resterait pas moins une demi-mesure : en effet seule la moitié du projet urbain est directement destiné au logement social, le reste des constructions n’est donc probablement qu’une question de rééquilibrage budgétaire.

© photo: Joukoff - PLATEAU AVIJL - HIVER 1991

Quant à l’épineux problème du logement social, penses-tu sincèrement qu’il sera résolu, une fois cet endroit défiguré ? La politique de saccage est-elle la seule solution au problème du logement ? Réfléchissons ensemble, ami promeneur et aidons les élus à entrevoir une politique plus judicieuse, plus ambitieuse et plus responsable. Pense à tous les bâtiments vides et aux chancres urbains laissés à l’abandon dans le tout Bruxelles. Pourquoi sacrifier un tel lieu qui s’offre à toi ? Pour créer, au détriment d’un poumon vert, dans un quartier déjà saturé de voitures, une ZONE mi sociale mi vert pâle ??

Pourquoi ne pas laisser aux citadins et à leurs enfants le droit d’établir un contact avec la terre ? Pourquoi faire de la terre une exclusivité hors cité destinée à l’industrie agro-alimentaire et définitivement hors de notre contrôle ? Ne peut-on pas ici aussi apprivoiser et apprendre la terre ? L’enjeu n’est pas seulement local ! La déforestation des jungles équatoriales n’est pas à notre portée, mais la défense de ce petit bout de terre dans notre ville participe au même effort global et crucial des consciences : aider l’homme et la nature à retrouver une harmonie salement malmenée.

Pierre-Paul Partage